La chapelle catholique Saint Mathias de Pontoise

Il y a, pour la France seule, plus de trois cents lieux de culte où est célèbrée, au moins chaque dimanche, la messe catholique romaine traditionnelle. La chapelle Saint Mathias de Pontoise est l'un d'entre eux.

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3, Boulevard des Cordeliers, 95300 Pontoise -  Tel: 01 34 90 15 40 

 

Pourquoi cette chapelle ?

Pourquoi – s’étonnent certains – avoir entrepris la réalisation d'une telle chapelle alors qu'existent en Ile de France de nombreuses et vastes églises ? Tout simplement à cause de la crise que traverse l’Eglise, qui se cristallise autour des thèmes de Vatican II : œcuménisme, qui a entraîné la réforme liturgique afin que la messe catholique ressemble désormais à la cène protestante ; liberté religieuse mal comprise, qui a mis l’Eglise catholique au même rang que les fausses religions devant les Etats et devant le public catholique désorienté ; collégialité, qui aboutit à la suprématie de structures telles que les conférences épiscopales nationales qui n’ont pourtant de fondement, ni dans l’Ecriture, ni dans la Tradition de l’Eglise, et qui minent l’autorité des Evêques dans leur diocèse.

C’est cette crise de l’Eglise qui a conduit Mgr Marcel Lefebvre à créer la Fraternité Sacerdotale saint Pie X, avec les encouragements de l’évêque de Fribourg. La Chapelle Saint Mathias dépend du Prieuré de Mantes de la Fraternité Sacerdotale saint Pie X.

La FSSPX exerce une fonction de suppléance pour maintenir et nourrir la foi des fidèles qui le demandent, foi mise en grave péril par les dérives indiquées ci-dessus, dues au Concile Vatican II.

 

Histoire de la chapelle Saint Mathias

Située sur les hauteurs de Pontoise, cette grange de 100 m2 au sol, construite en pierres, sur deux niveaux, appartenait à Madame Leguay, agricultrice de Pontoise. Elle avait servi de lieu de culte, à la fin de la guerre, après le bombardement de l’église des Louvrais, jusqu’après sa reconstruction (d’où la croix devant le bâtiment). Madame Leguay y remisait jusqu'en 1978 véhicules et matériels agricoles. Elle a ensuite loué le rez-de-chaussée à plusieurs personnes qui s’en servaient de garage, et mis pendant un temps le premier étage, inoccupé, à la disposition des Scouts de France.

En 1977, à la suite du départ de Neuville de Mgr Léon Gillet, des paroissiens cherchaient un lieu de culte pour pouvoir continuer à assister à la « Messe de toujours », selon le rite tridentin. Les recherches se faisaient simultanément à Conflans-Sainte-Honorine, Chanteloup-les-Vignes, Pontoise, etc.

ImageA Pontoise, une ancienne paroissienne de Neuville a signalé un jour ce local du 3, boulevard des Cordeliers qui attirait l’attention par la grande croix plantée à l’extérieur. Certains de nos amis étaient en train de le regarder … lorsqu’un passant leur demanda s’ils étaient les responsables des scouts. Il leur expliqua que les scouts faisaient beaucoup de bruit en essayant les motocyclettes qu’ils montaient et démontaient dans le local, et qu’ils faisaient tomber de la poussière sur les voitures garées au rez-de-chaussée. Il ajouta que la propriétaire en était contrariée et qu’elle ne savait quoi faire.

Instruits par cette remarque, les paroissiens vont alors voir Madame Leguay, qui habitait tout près de là, et lui demandent si elle ne préfèrerait pas leur louer le local pour célébrer la Messe traditionnelle. Elle est ravie de cette proposition et donne son accord ; un bail est rapidement préparé et signé par elle et la Fraternité Saint-Pie X, puis enregistré. Mme Leguay donne congé aux locataires qui n’avaient pas de bail et qui occupaient gratuitement le local. Le lendemain, un envoyé de l’Evêché était chez Mme Leguay pour lui demander de revenir sur sa décision, mais il était trop tard !

Une chapelle, tout à fait accueillante, est aménagée à l’étage par les fidèles. A partir de cette date, divers abbés se succèdent, le dimanche principalement, pour y célébrer la Messe. En effet, en 1978, la Fraternité Saint Pie X est alors en cours d’installation dans la région (à Mantes-la-Jolie) et ne peut encore desservir, ni Pontoise, ni Conflans (où un autre local sera aménagé en chapelle peu de temps après l’installation à Pontoise). Il faut donc aller chercher des prêtres fort loin, faire des trajets pouvant aller jusqu’à 120 km, voire plus (aller et retour deux fois, soit 480 km), mais, grâce à Dieu, il y a eu la messe chaque dimanche !

M. l’abbé Duboscq, le Père Jean-Michel Salens, religieux cistercien, ancien missionnaire en Chine, M. l’Abbé Coudeville comptent parmi ceux qui ont desservi saint Mathias le plus souvent. M. Blondé a fait office de sacristain dès le début. Vient un jour où, finalement, le Prieuré de Mantes la Jolie, dont le Prieur est alors M. l’abbé Boubée, peut commencer à desservir à la fois Pontoise et Conflans.

En 1990, des travaux et une pénurie momentanée de prêtres conduisent le Prieuré de Mantes à fermer momentanément la Chapelle saint Mathias.

C’est grâce à la venue de M. l’Abbé Boivin pendant deux ans que saint Mathias a pu réouvrir. La chapelle reprend son activité le 15 septembre 1991. M. l'Abbé Callier célèbre à cette date une messe solennelle, à laquelle participe la Schola Saint Martin dirigée par M. Jean Bojo.

Dès cette date, la schola Saint Martin quitte définitivement Garges pour s'installer à saint Mathias. Au début de l'année 1992, les choristes des deux chapelles se sont regroupés pour ne former qu'une seule chorale, dirigée par M. Bojo, et assurer les chants des messes dominicales des deux chapelles à Pontoise et Conflans à la demande de M. l'abbé Boivin. M. Claude Compère les accompagne et devient à ce moment l’organiste de la chapelle.

Image Malgré l'exiguïté des lieux, on pouvait avoir à Saint Mathias des messes chantées, des communions solennelles (comme en 1978, lors du ministère de M. l'abbé Duboscq), des confessions, le catéchisme. En février 1991 la Fraternité St Pie X eut la possibilité d’acheter au fils de Mme Leguay l’ensemble du bâtiment et le terrain adjacent pour assurer la pérennité du culte catholique traditionnel à Pontoise. Il faut rappeler que si les églises confisquées en 1905 par l'Etat sont la propriété des communes qui doivent les entretenir , les édifices construits et aménagés après 1905 appartiennent aux associations cultuelles les ayant financés.

C'est à partir de 1993 que M. l'Abbé Peignot, nommé par la Fraternité Saint Pie X, assure son ministère sacerdotal tant à Conflans (Chapelle sainte Honorine) qu'à Pontoise (Chapelle saint Mathias), à titre permanent et prend en mains les destinées de cette dernière.

ImageEn 1999, M. l'Abbé Peignot obtient de la Mairie de Pontoise le permis de construire, afin d’installer la chapelle au rez-de-chaussée ; il supprime une partie du premier étage, pour donner de l’élévation au chœur et ne conserve qu’une tribune pour la chorale et l'orgue ; il en profite pour créer une sacristie conséquente et une salle pour les catéchismes. Il réussit à trouver auprès des fidèles le financement et les forces vives pour mener à bien ce grand chantier : chauffage par le sol, électricité, doublages, peintures, mise en place de superbes boiseries récupérées et remises en état, pose de vitraux restaurés. Le terrain appartenant à la chapelle est clôturé.

Enthousiaste, entouré par d'excellents artisans, amis et bienfaiteurs, de bénévoles adroits et généreux, M. l'Abbé Peignot, réalise, assez rapidement, cette magnifique et accueillante chapelle.Image


Le 16 janvier 2000, tous se pressent avec une grande joie autour de Mgr Fellay, Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie X, venu bénir la chapelle.

Mais M. l’Abbé Peignot souhaite qu’encore plus de fidèles puissent bénéficier des sacrements et des grâces dus au ministère accompli dans cet oratoire maintenant si priant ; il cherche à faire connaître la chapelle par tous les moyens disponibles : c’est ainsi qu’il fait figurer la chapelle sur les plans de ville et les cartes routières, et obtient du Syndicat d’Agglomération Nouvelle de Cergy-Pontoise un fléchage directionnel sur les principaux axes de circulation de Pontoise. Il charge des laïcs de développer dans la Presse et sur Internet l’information sur la chapelle, il encourage la participation aux forums d’associations, journées portes ouvertes, fête de quartier, etc….

Ces dernières années, après M. l'abbé Peignot qui exerça pendant 9 ans son ministère jusqu'en 2002, les paroissiens ont apprécié M. l'abbé Prouteau (2002 – 2003), M. l'abbé de Maillard depuis Août 2003, puis M. l’abbé Vigne à partir de janvier 2005.

Le soin de la sacristie, d’abord confié à M. Blondé, a ensuite été assuré par M. Coulange, puis, après le décès de celui-ci par Mme Le Morvan.

Petite chapelle, Saint Mathias, certes, mais les jours et les années s'écoulant, elle rayonne et attire le dimanche de nombreux "franciliens" venant de Pontoise, bien sûr, mais aussi d'autres villes du Val d'Oise, communes voisines d’Osny ou d’Ennery, ou plus lointaines, Enghien, Eaubonne, Taverny, Herblay, Gisors (dans l’Eure), région de Beauvais (dans l’Oise),……et même des Yvelines : Poissy, Sartrouville, Maisons-Laffitte, …

Grâce au concours de tous les prêtres mentionnés, et de bien d’autres encore, venus de temps en temps, toujours à la demande des fidèles, ces derniers ont eu le privilège d'apprécier des offices fervents, des homélies enrichissantes, de bénéficier d’une solide formation doctrinale catholique et surtout de pouvoir recevoir les sacrements : eucharistie, pénitence, baptême, extrême-onction pour les malades. Ces prêtres ont fait vivre toute une communauté de laïcs à travers toutes les formes d’expression de la foi catholique : à la Pentecôte pèlerinage de Chartres à Montmartre, d’autres pèlerinages en Terre Sainte ou à Rome, les Cercles de Tradition (conférence mensuelle), le catéchisme, les Scouts, la Croisade Eucharistique pour encourager la piété des enfants, la Schola Saint Martin (chorale), le service liturgique, l’entretien des locaux et des vêtements sacerdotaux, des associations de laïcs catholiques (Adecor, Acvo, Civitas, Mjcf,), fidèles de tous horizons, tous collaborent sous l'autorité morale et spirituelle du prêtre.

 

Intérieur de la chapelle

 

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L'intérieur de la chapelle a été richement embelli de boiseries anciennes et de statues...

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Saint Mathias Apôtre

 Saint Mathias, Apôtre, est fêté le 24 (ou 25) février

ImageOn ne peut guère douter que saint Mathias n'ait été un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ; du moins est-il certain qu'il s'attacha de bonne heure à la personne du Sauveur, et qu'il ne S'en sépara point depuis Son Baptême jusqu'à Son Ascension.

Les fidèles étant assemblés pour attendre la descente du Saint-Esprit, saint Pierre leur dit que, pour accomplir l'Écriture, il fallait choisir un douzième Apôtre à la place de Judas. Mathias et Joseph, appelé Barsabas, que sa piété extraordinaire avait fait aussi surnommer le Juste, furent jugés dignes de cette éminente dignité.

On se mit aussitôt en prières, afin de connaître la Volonté du Ciel, après quoi on procéda à l'élection par la voie du sort. Mathias ayant été désigné, on ne douta plus que Dieu ne l'eût choisi pour remplir la place vacante par la mort du traître Judas.

Nous n'avons rien de certain sur les actions de saint Mathias; on sait seulement qu'après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, il alla prêcher l'Évangile de Jésus-Christ, et qu'il consacra le reste de sa vie aux travaux de l'apostolat.

Clément d'Alexandrie rapporte que, dans ses instructions, il insistait principalement sur la nécessité de mortifier la chair en réprimant les désirs de la sensualité; leçon importante qu'il tenait de Jésus-Christ, et qu'il mettait lui-même en pratique.

Les Grecs prétendent, d'après une ancienne tradition exprimée dans leurs ménologes, que saint Mathias prêcha la foi vers la Cappadoce et les côtes de la mer Caspienne; ils ajoutent qu'il fut martyrisé dans la Colchide, à laquelle ils donnent le nom d'Éthiopie. Les Latins célèbrent sa fête le 24 février.

On garde une partie de ses reliques à l'abbaye de Saint-Mathias de Trèves, et à Sainte-Marie-Majeure de Rome. Mais les Bollandistes disent que les reliques de Sainte-Marie-Majeure qui portent le nom de saint Mathias, pourraient ne point être de l'Apôtre, mais d'un autre saint Mathias, évêque de Jérusalem vers l'an 120.

L'Année Chrétienne, Tome I, p. 253, 254

Premier Nocturne

Des Actes des Apôtres (1, 15-26)

En ces jours-là, Pierre, se levant au milieu des frères, qui étaient rassemblés au nombre d’environ cent vingt, leur dit: « Mes frères, il fallait que s’accomplît ce que le Saint-Esprit a prédit dans l’Écriture, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont arrêté Jésus. Il était compté parmi nous, et il avait reçu sa part de notre ministère. Cet homme, après avoir acquis un champ avec le salaire du crime, se pendit et se brisa par le milieu, et toutes ses entrailles se répandirent.

Le fait a été si connu de tous les habitants de Jérusalem, que ce champ a été nommé dans leur langue Haceldama, c’est-à-dire, Champ du sang. Car il est écrit dans le livre des Psaumes: Que leur demeure devienne déserte et qu’il n’y ait personne qui l’habite(Ps 68, 26), et qu’un autre reçoive son ministère(Ps 108, 8). Il faut donc que, parmi les hommes qui ont été en notre compagnie pendant tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, à commencer depuis le baptême de Jean, jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui devienne avec nous témoin de sa résurrection. »

Ils en présentèrent deux: Joseph appelé Barsabas, surnommé le Juste, et Matthias. Et se mettant en prière, ils dirent: « Seigneur, vous qui connaissez les cœurs de tous, montrez lequel de ces deux vous avez choisi pour occuper la part du ministère et de l’apostolat que Judas a quitté par son crime, pour s’en aller dans son lieu. » Alors ils tirèrent au sort; et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au rang des onze Apôtres.

 

 
Élection de Matthias en remplacement de Judas

Second Nocturne

Exposé de saint Augustin, évêque, sur le psaume 86
(n° 4 : PL 37, 1103-1104)

« Ses fondements sont sur les montagnes saintes, le Seigneur chérit les portes de Sion. » (Ps 86, 1-2) Pourquoi les Apôtres et les prophètes sont-ils des fondements? Parce que leur autorité soutient notre faiblesse. Pourquoi sont-ils des portes? Parce que, par eux, nous entrons dans le Royaume de Dieu. Ils prêchent en effet pour nous et tandis que nous entrons par eux, nous entrons par le Christ. Car c’est lui qui est la porte. Il est dit que Jérusalem est pourvue de douze portes et la porte unique, c’est le Christ; les douze portes sont aussi le Christ car le Christ est dans ces douze portes. Par conséquent, ce nombre douze est celui des Apôtres. La signification de ce nombre douze est un grand mystère. « Vous siégerez, dit-il, sur douze trônes comme juges des douze tribus d’Israël. » (Mt 19, 28)

Il y a donc douze sièges en ce lieu, mais alors il n’y en aurait pas où puisse siéger Paul, le treizième Apôtre! Nul moyen dès lors pour lui de juger! Lui-même l’a dit cependant: il jugera non seulement les hommes mais les anges. Quels anges, sinon les anges apostats? « Ne savez-vous pas, dit-il, que nous jugerons les anges? » (1 Co 6, 3) La foule pourrait lui répondre: « Pourquoi te vanter comme si tu allais juger! Où vas-tu donc t’asseoir? Le Seigneur a parlé de douze trônes pour les douze Apôtres, l’un d’eux, Judas, est tombé mais à sa place, Matthias fut désigné. Il y a douze sièges, le nombre est au complet! Trouve d’abord où t’asseoir et ensuite menace de juger. » Voyons donc ce que signifient ces douze sièges. Ils expriment le mystère d’une certaine universalité. L’Église doit s’étendre à tout l’univers. C’est de partout que cet édifice est appelé à l’unité dans le Christ. Et puisque c’est de toutes parts que l’on viendra pour juger, il y a douze sièges, tout comme il y a douze portes, puisque c’est de toutes parts que l’on se présentera pour entrer dans cette cité.

Ce n’est donc pas seulement les Douze et l’apôtre Paul; mais tout ceux qui prendront part au jugement, qui sont concernés par les douze trônes dont le sens indique l’universalité. Et de la même manière, tous ceux qui franchiront l’entrée sont concernés par les douze portes. Le monde peut se diviser d’après les quatre points cardinaux: l’Orient, l’Occident, le Nord et le Midi. Les quatre parties sont fréquemment mentionnées dans l’Ecriture. C’est de ces quatre vents, comme le dit le Seigneur dans l’Evangile, c’est des quatre vents qu’il rassemblera ses élus. C’est donc de tous ces quatre vents, que l’Eglise est appelée. Comment est-elle appelée? Elle est appelée de partout dans la Trinité. Elle n’est appelée que dans le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Or, en multipliant quatre par trois, on trouve douze!

 

 

Sarcophage-reliquaire de saint Matthias, à Trèves (Allemagne)

Troisième Nocturne

Suite du saint évangile selon saint Matthieu (11, 25-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: « Je te rends grâce, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux prudents, et de ce que tu les as révélées aux petits. Oui, Père, je te rends grâce parce qu’il t’a plu ainsi. Toutes choses m’ont été données par mon Père. Et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils aura voulu le révéler. Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, et je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous, et recevez mes leçons, parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. »


Homélie de saint Augustin, évêque (Sermon 69, 1-3 : PL 38, 440-441)
« Venez à moi vous tous qui peinez. » Pourquoi peinons-nous tous, sinon parce que nous sommes des hommes mortels, fragiles, infirmes, portant des vases d’argile, qui se gênent les uns les autres? Mais si ces vases de chair nous maintiennent à l’étroit, que se dilatent les espaces de la charité. En fait, pourquoi dit-il: « Venez à moi, vous tous qui peinez », sinon pour que vous ne deviez plus peiner? Sa promesse suit d’ailleurs aussitôt: parce qu’il appelle à lui les hommes de peine, peut-être ceux-ci pourraient-ils se demander pour quel salaire les appelle-t-on. « Moi, dit-il, je vous donnerai le repos. » « Prenez sur vous mon joug et faites-vous mes disciples », non pas pour façonner le monde, non pas pour créer toutes les choses visibles et invisibles, non pas pour faire des merveilles en ce monde et pour ressusciter des morts, mais « parce que je suis doux et humble de cœur. »

Tu veux devenir grand? Commence par ce qu’il y a de plus petit. Tu te soucies de construire un grand bâtiment en hauteur? Soucie-toi d’abord du fondement de l’humilité. Selon la masse de l’édifice que l’on désire et l’étagement à superposer, plus cet édifice sera important, plus profondément aussi l’on creuse les fondations. Et quand se construit le bâtiment, il s’élève en hauteur, tandis que celui qui creuse les fondations s’abaisse dans les bas-fonds. Le bâtiment s’enfonce donc avant de prendre de la hauteur, le faîte ne se dresse qu’après l’abaissement.

Quel est le faîte du bâtiment que nous nous efforçons de construire? Jusqu’où doit s’élever la flèche de l’édifice? Je le dis tout de suite: jusqu’à la vue de Dieu. Voyez quelle hauteur, quelle grande chose: contempler Dieu! Celui qui en a le désir comprend ce que je dis, comprend ce qu’il entend. Ce qui nous est promis, c’est la vue de Dieu, du vrai Dieu, du Dieu suprême. Car voilà le bonheur: voir celui qui voit. Ceux qui honorent les faux dieux les voient bien facilement: ils voient ceux qui ont des yeux et ne voient point. A nous, par contre, est promise la vision du Dieu vivant et voyant.

 

 

Abbaye S.-Matthias à Trèves (Allemagne) où se trouvent ses reliques