La liturgie et la Sainte Messe

L’histoire des mouvements liturgiques explique l’attachement à la messe traditionnelle, (appelée messe de Saint Pie V) et l’apparition de la nouvelle messe (appelée messe de Paul VI). Car, en cette matière, il n’est pas exagéré de parler de mouvements liturgiques au pluriel. Nous devons donc user de discernement.

 

Le mouvement liturgique authentique

Certes, le mouvement liturgique originel est d’abord un. Il remonte à Don Prosper Guéranger, (1805-1875), restaurateur de l’ordre bénédictin en France, restauration, approuvée par le pape Grégoire XVI, le 14 juillet 1837. Don Guéranger ordonné prêtre le 7 octobre 1827 est nommé chanoine de la cathédrale de Tours. Il décide alors d’utiliser le Missel Romain pour les offices, ce qui en France, après la période révolutionnaire, n’allait pas de soi : le clergé étant devenu gallican utilisait divers missels selon les régions.

C’est à partir de cette volonté de retrouver l’unité de la liturgie, la liturgie de l’Eglise universelle qu’il restaure l’ordre de Saint Benoît, supprimé par la révolution. Il achète en 1832, à Solesmes,un prieuré bénédictin qu’il transforme. D’autres moines le rejoignent. Le prieuré  est érigé en abbaye bénédictine le 14 juillet 1837.

L’influence de Don Guéranger fut considérable. Par son ouvrage, l’Année liturgique, il redonne à la liturgie son caractère romain, fondement véritable de son universalité.

La restauration du chant grégorien, allant de pair avec le rétablissement de l’ordre bénédictin, se répandit à l’ensemble de la liturgie en France . Telle est la deuxième caractéristique du mouvement liturgique à son origine.

  Ce mouvement est encouragé par le pape saint Pie X dans son motu proprio Tra le sollecitudini sur la musique sacré (1903). L’introduction du document indique qu’il est « nécessaire de pourvoir avant tout à la sainteté et à la dignité du temple où les fidèles se réunissent précisément pour puiser cet esprit à sa source première et indispensable : la participation active  aux mystères sacro-saints et à la prière publique et solennelle de l’Eglise (…) Une composition musicale ecclésiastique est d’autant plus sacrée et liturgique que, par l’allure, par l’inspiration et par le goût, elle se rapproche davantage de la mélodie grégorienne, et elle est d’autant moins digne de l’Eglise qu’elle s’écarte davantage de ce suprême modèle.

L’antique chant grégorien traditionnel devra donc être largement rétabli dans les fonctions du culte, tous devant tenir pour certain qu’un office religieux ne perd rien de sa solennité quand il n’est accompagné d’aucune autre musique que celle-là. ».

 Mise en honneur du chant grégorien, participation active des fidèles (le mot est de Saint Pie X) qui ne veut rien dire d’autre que les fidèles doivent chanter le grégorien en répondant à la messe. Le n°27 du motu proprio indique la volonté du Saint Siège : « Q’on ait soin de rétablir, au moins dans les églises principales, les anciennes Scholae cantorum ; cela s’est réalisé déjà, avec les meilleurs fruits, dans bon nombre d’endroits. Il n’est pas difficile, au clergé zélé, d’établir ces scholae jusque dans les moindres églises et dans celles de la campagne ; il y trouve même un moyen très aisé de grouper autour de lui des enfants et les adultes, pour leur propre profit et l’édification du peuple ».  

§   Telles sont les origines et les caractéristiques authentiques du mouvement liturgique :

§   unité de la liturgie correspondant à l’unité de la Foi ;

§   ancrage dans la liturgie romaine ;

§   remise en honneur du chant grégorien,

§   participation active des fidèles essentiellement au moyen du chant grégorien 

Tels sont encore de nos jours les principes qui n’ont pas à changer.