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Pièces grégoriennes du dimanche
Saint Michel, archange Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

29 SEPTEMBRE

FETE DE LA DÉDICACE DE SAINT-MICHEL, ARCHANGE

 

Introït : Benedicite Dominum

 

La fête du 29 septembre, la Saint-Michel, a toujours été très populaire dans la chrétienté, et de nombreuses traditions lui sont liées ; c'est encore à la campagne la date de certaines échéances. Dans la liturgie c'est une fête de première classe qui l'emporte sur le dimanche.

Dès les premiers siècles de l'église, on célébrait en ce jour la fête de tous les Saints Anges. Puis cette date fut choisie au VIe siècle pour consacrer une basilique romaine dédiée à saint Michel, archange, le prince de la milice céleste ; on composa une messe pour cette dédicace, qui devint la messe de la fête ; mais elle fut ensuite transférée au dix-huitième dimanche après la Pentecôte (voir à ce dimanche), et on reprit pour le 29 septembre la messe des Saints Anges, tout en lui conservant son titre de " Dédicace de Saint-Michel ".

Les chants du propre de la messe se rapportent donc aux anges en général, sauf l'Alleluia qui a été rajouté postérieurement et qui s'adresse à saint Michel.

L'Introït et le Graduel ont à peu près le même texte, ce qui est assez rare ; il est tiré du psaume 102, grand cantique de louange et d'action de grâces, où toute la création est invitée à s'unir à notre adoration et à notre reconnaissance. Le verset choisi est évidemment celui qui s'adresse aux anges :

 

Benedicite Dominum, omnes Angeli ejus, potentes virtute qui facitis verbum ejus ad audiendam vocem sermonum ejus.

Bénissez le Seigneur, tous ses anges, qui exécutez sa parole avec force et puissance en vous soumettant à la voix de ses commandements.

 

Nous trouvons ici résumées les deux principaux rôles des anges : d'abord bénir, benedicere, dire du bien, c'est-à-dire chanter la louange divine ; ensuite accomplir fidèlement les missions qui leur sont confiées par le Seigneur, notamment dans leurs interventions auprès des hommes.

La mélodie de cet Introït est pleine d'allant, vive et joyeuse ; ce n'est qu'à la fin qu'elle s'incline pour adorer la parole divine en une cadence plus douce et contemplative. Le verset est bien entendu le début du psaume 102 :

 

Benedic anima mea Domino, et omnia quæ intra me sunt nomini sancto ejus.

Mon âme, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom.

 

Graduel : Benedicite Dominum

 

Nous retrouvons dans le Graduel du 29 septembre le même texte que dans l'Introït, tiré du psaume 102, mais un peu écourté :

 

Benedicite Dominum, omnes Angeli ejus, potentes virtute qui facitis verbum ejus.

Benedic anima mea Dominum, et omnia interiora mea nomen sanctum ejus.

 

Bénissez le Seigneur, tous ses anges, qui exécutez ses paroles avec force et puissance.

Mon âme bénis le Seigneur, et que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom.

 

On trouve dans la deuxième partie de ce Graduel la version ancienne du psautier datant de saint Jérôme alors qu'on avait dans le verset de l'Introït une version révisée plus récente qui est utilisée dans l'office.

La mélodie de ce Graduel est évidemment très différente de celle de l'Introït ; c'est une mélodie type, qu'on a rencontrée en particulier aux temps de la Septuagésime et du Carême. Elle est faite de grandes vocalises très amples, unissant des passages au grave mystiques et profonds et des montées à l'aigu enthousiastes.

Alleluia : Sancte Michaël

 

l'Alleluia du 29 septembre est le seul chant de cette messe qui s'adresse à saint Michel. Michaël, qui signifie en hébreu " Qui est comme Dieu ? ", est le nom donné au prince de la milice céleste, qui s'oppose à Satan, l'ange déchu, chef des esprits infernaux, et c'est le salut de chacun de nous qui est l'enjeu de ce combat gigantesque. C'est pourquoi saint Michel est particulièrement invoqué dans la liturgie des défunts, et on le représente traditionnellement tenant la balance où sont pesées les âmes au jugement dernier. Cela explique le texte de cet Alleluia, qui n'est pas tiré de la Sainte Ecriture, mais qui est une prière très ancienne :

 

Sancte Michaël Archangele, defende nos in prælio, ut non pereamus in tremendo judicio.

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas au jour du jugement redoutable.

 

La mélodie de cet Alleluia est très chantante, joyeuse et affirmative, montant et descendant toute l'octave ; elle exprime une totale confiance dans l'intercession du grand archange.

 

Offertoire : Stetit Angelus

 

Le texte de l'Offertoire du 29 septembre est tiré de l'Apocalypse de saint Jean au chapitre 8 ; on sait que les anges tiennent une grande place dans les visions de l'apôtre :

 

Stetit Angelus juxta aram templi, habens thuribulum aureum in manu sua, et data sunt ei incensa multa, et ascendit fumus aromatum in conspectu Dei.

Un ange se tint auprès de l'autel du temple, tenant à la main un encensoir d'or ; on lui donna beaucoup d'encens, et la fumée des parfums s'éleva en présence de Dieu.

 

Saint Jean ne nous dit pas si cet ange est saint Michel ou un autre. En tout cas la fumée de l'encens est évidemment la figure de nos prières qui montent vers Dieu, et une des missions des anges est précisément de les porter en présence de la majesté divine.

La mélodie de cet Offertoire reprend celle d'un ancien Offertoire de la fête de l'Ascension Viri Galilæi, qu'on retrouve également dans l'Offertoire Justorum animæ du commun des martyrs qui est chanté à la fête de la Toussaint. Elle se déroule d'abord d'une façon assez ample et solennelle, avec toutes ses cadences au grave, puis tout à coup sur le mot ascendit (comme dans celui de l'Ascension) elle s'élève à l'aigu en un grand élan de façon très expressive, puis redescend pour conclure dans l'ambiance assez grave du début.

 

Communion : Benedicite

 

Le texte de la Communion du 29 septembre présente une certaine ressemblance avec celui de l'Introït, invitant également tous les anges à bénir le Seigneur ; il n'est pourtant pas tiré du même psaume, mais d'un autre cantique de l'ancien testament, celui des 3 jeunes hébreux dans la fournaise au livre de Daniel, auquel la liturgie fait de nombreux emprunts. Les 3 jeunes hommes y invitent toutes les créatures les unes après les autres à se joindre à leur action de grâces, et bien entendu les créatures célestes, les anges ne sont pas oubliés :

 

Benedicite, omnes Angeli Domini, Dominum, hymnum dicite et superexaltate eum in sæcula.

Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur, chantez une hymne et exaltez le au-dessus de tout à jamais.

 

La mélodie n'est pas légère et enthousiaste comme celle de l'Introït, elle est plutôt intérieure et contemplative, mais c'est une invitation pleine de ferveur avec de beaux élans.

 

Repris de l'association UNA VOCE

site: http://unavoce.fr

 

 
Dimanche de Pentecôte Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
 

DIMANCHE DE LA PENTECOTE

 

Introït : Spiritus Domini

 

La fête de la Pentecôte célèbre, on le sait, la descente du Saint Esprit sur les Apôtres sous la forme de langues de feu, cinquante jours après Pâques, et après une retraite de dix jours au Cénacle sous la conduite de la Vierge Marie, faisant d'eux les témoins de la résurrection du Christ et du salut apporté à tous les hommes jusqu'aux extrémités de la terre.

Les chants du propre de la messe expriment admirablement cette invasion du monde par l'Esprit Saint.

Le texte de l'Introït est tiré de l'Ancien Testament, et plus précisément du livre de la Sagesse dont c'est un des premiers versets.

 

Spiritus Domini replevit orbem terrarum, et hoc quod continet omnia scientiam habet vocis.

L'Esprit du Seigneur emplit l'univers, et lui, qui fait tenir ensemble toutes choses, a la connaissance de toute parole.

 

A noter que le pronom hoc se rapporte à Spiritus, qui est pourtant masculin, mais on a gardé le neutre du grec Pneuma.

Dans l'Ancien Testament l'Esprit du Seigneur ne désignait pas une personne distincte, puisqu'on n'avait pas encore reçu la révélation du mystère de la Sainte Trinité ; Spiritus, c'est le souffle créateur, c'est une manière de désigner Dieu qui est pur esprit, qui est présent partout, fait exister toute chose dans une cohésion parfaite. Il sait tout, il voit tout, il entend tout même nos moindres paroles. Dans la liturgie de la Pentecôte ce texte s'applique au Saint Esprit, troisième personne de la Sainte Trinité, qui envahit en ce jour tous les cœurs, assurant l'unité des esprits dans la diversité des langues. La mélodie exprime à merveille ce souffle impétueux de l'Esprit s'élevant comme un vent violent, nous dit l’Ecriture. Elle part mystérieusement du grave, puis monte progressivement en un immense crescendo jusqu'à l'extrême aigu, et y revient une deuxième fois avant de s'apaiser lentement sur les trois derniers Alléluias. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 67, acclamation triomphale dont nous avions déjà trouvé des extraits dans la messe de l'Ascension, au deuxième Alleluia et à la Communion, et dont nous allons retrouver un passage dans l'Offertoire de ce jour.

 

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici eus : et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.

Dieu se lève et ses ennemis sont dispersés, et ceux qui le haïssent s'enfuient devant sa face.

 

Alleluia : Emitte Spiritum

 

Pour la dernière fois de l'année, puisque ce dimanche de la Pentecôte est le dernier du temps pascal, il n'y a pas de Graduel mais deux Alléluias, et comme les dimanches précédents ces deux Alléluias sont assez différents, le deuxième étant nettement plus long. Le premier utilise exactement la même mélodie que le premier Alleluia de la fête de l'Ascension, une mélodie type qui revient assez souvent au cours de l'année. Le texte du verset est tiré du psaume 103, grand cantique de louange et d'action de grâces pour les merveilles de la création.

 

Emitte Spiritum tuum et creabuntur, et renovabis faciem terræ.

Envoyez votre Esprit et ils seront créés, et vous renouvellerez la face de la terre.

 

" Ils " ce sont tous les êtres vivants, mais dans le psaume le verbe est à l'indicatif, c'est une affirmation. Après avoir dit au Seigneur " Vous retirez votre souffle et tous tombent dans le néant " le psalmiste ajoute : " Vous envoyez votre souffle et ils sont créés de nouveau. " La liturgie de la Pentecôte en mettant le verbe à l'impératif fait de ce verset une prière, et le souffle que l'on supplie Dieu d'envoyer c'est le Saint Esprit ; c'est lui qui fera toute chose nouvelle. La mélodie assez douce et calme convient bien à une prière suppliante.

 

Alleluia : Veni Sancte Spiritus

 

Le deuxième Alleluia du dimanche de la Pentecôte est nettement différent du premier. Ici nous n'avons ni mélodie type, ni texte scripturaire, c'est une composition originale. Elle est attribuée au roi de France Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, qui vivait au début du XIe siècle. Cela n'a rien d'étonnant : le roi de France à cette époque était un personnage liturgique, c'était l'évêque du dehors. Le sacre était considéré comme un sacrement, et lorsque le roi avait reçu, comme c'était le cas de Robert le Pieux, une éducation soignée dans un monastère, il remplissait volontiers la fonction de chantre. Le texte de cet Alleluia est devenu très célèbre. C'est la prière type au Saint Esprit que l'on récite souvent pour l'invoquer au début d'une réunion importante.

 

Veni Sancte Spiritus, reple tuorum corda fidelium ; et tui amoris in eis ignem accende.

Venez Saint Esprit, emplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.

 

La mélodie très développée est vraiment expressive et suppliante. Cet Alleluia se chante à genoux.

 

Séquence : Veni Sancte Spiritus

 

Le verset du deuxième Alleluia de la messe du dimanche de la Pentecôte est suivi immédiatement d'une Séquence, qui en développe les thèmes littéraires et musicaux, mais qui est postérieure. En effet elle est généralement attribuée à Étienne Langton, archevêque de Cantorbery, qui vivait au début du XIIIe siècle. Elle comporte dix strophes, dont les mélodies se répètent deux par deux, et dont chacune est composée de trois petits vers de sept pieds. Le texte en est très poétique et la mélodie, assez lyrique, et inspirée de celle de l'Alleluia, le met parfaitement en valeur.

 

Veni Sancte Spiritus, Et emite cælitus Lucis tuæ radium. Veni pater pauperum, Veni dator munerum, Veni lumen cordium.

Consolator optime, Dulcis hospes animæ, Dulce refrigerium. In labore requies, In æstu temperies, In fletu solatium.

O lux beatissima, Reple cordis intima tuorum fidelium. Sine tuo numine, Nihil est in homine, Nihil est innoxium.

Lava quod est sordidum, Riga quod est aridum, Sana quod est saucium. Flecte quod est rigidum, Fove quod est frigidum, Rege quod est devium.

Da tuis fidelibus, In te confidentibus, Sacrum septenarium. Da virtutis meritum, Da salutis exitum, Da perenne gaudium.

 

Venez Esprit Saint, envoyez du ciel un rayon de votre lumière, venez père des pauvres, venez dispensateur des dons, venez lumière des cœurs.

Consolateur très bon, doux hôte de l'âme, doux rafraîchissement, repos dans le labeur, modération dans la chaleur, consolation dans les larmes.

O lumière bien heureuse, emplissez jusqu'au fond les cœurs de vos fidèles ; sans votre secours il n'y a rien en l'homme, rien qui soit sans défaut.

Lavez ce qui est souillé, arrosez ce qui est sec, guérissez ce qui est blessé, assouplissez ce qui est raide, réchauffez ce qui est froid, redressez ce qui est tordu.

Donnez à vos fidèles qui ont confiance en vous vos sept dons sacrés. Donnez leur la récompense de leurs vertus, le salut final et la joie éternelle.

 

Offertoire : Confirma hoc

 

Le texte de l'Offertoire du dimanche de la Pentecôte est tiré du psaume 67, dont nous avons trouvé le premier verset à l'Introït et qui figurait déjà deux fois dans la messe de l'Ascension. C'est un cantique triomphal d'action de grâces pour les victoires accordées par le Seigneur à son peuple, évoquant notamment la conquête de la terre promise depuis le Sinaï jusqu'à Jérusalem. Nous sommes ici vers la fin du psaume, lorsque le peuple, arrivé sur la montagne sainte, demande au Seigneur de confirmer les merveilles qu'il a accomplies en établissant son règne sur toutes les nations.

 

Confirma hoc, Deus quod operatus es in nobis : a templo tuo quod est in Jerusalem tibi offerent reges munera.

Confirmez, ô Dieu, ce que vous avez accompli en nous. En votre temple, qui est à Jérusalem, les rois vous offriront des présents.

 

Ces rois qui offrent des présents font évidemment penser à l’Epiphanie ; ce n'est pas fortuit. Il y a entre Noël et l’Epiphanie le même rapport qu'entre Pâques et la Pentecôte, entre le mystère qui s'accomplit dans le secret et sa manifestation à tous les peuples. Le mystère de la Rédemption qui s'est accompli à Pâques est aujourd'hui manifesté par les apôtres, à qui la descente du Saint Esprit a donné la lumière pour comprendre enfin ce qui s'était passé et la force pour le proclamer. En chacun de nous ce mystère s'est accompli par la grâce du baptême, et c'est le sacrement de confirmation qui le parachève par les dons du Saint Esprit en faisant de nous des apôtres et des témoins. Il y a ainsi un rapport entre ce mot de " confirmation " et le premier mot de l'Offertoire Confirma. La mélodie médite calmement les richesses de ce texte en ce style contemplatif qui est le plus souvent celui des Offertoires. Elle ressemble beaucoup en particulier à celle de l'Offertoire de la messe de minuit de Noël.

 

Communion : Factus est repente

 

Le texte de la Communion du dimanche de la Pentecôte est tiré du récit des Actes des Apôtres.

 

Factus est repente de cælo sonus advenientis spiritus vehementis, ubi erant sedentes, et repleti sunt omnes Spiritu Sancto, loquentes magnalia Dei.

Il arriva soudain du ciel un bruit comme celui d'un vent violent, envahissant le lieu où ils étaient assis, et tous furent remplis de l'Esprit Saint, racontant les merveilles accomplies par Dieu.

 

Ce texte se passe de commentaires. La mélodie très mouvementée en suit parfaitement les différentes inflexions. Les grands intervalles du début évoquent l'arrivée impétueuse du vent ; un crescendo enthousiaste s'élève au début de la deuxième phrase, puis la mélodie s'étale avec complaisance pour annoncer les merveilles de Dieu.

 

Repris de l'association UNA VOCE

site: http://unavoce.fr

 

 
Propre et Kyriale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Nous vous proposons, via le lien suivant, les partitions grégoriennes du jour:

http://musicasacra.com/pdf/graduale1961.pdf

Dédicace de Saint Michel archange

Propre page  665

Dimanche de Pentecôte

Vidi aquam page 879

Kyriale Messe I page 881

             Credo III page 941

Propre page 334

Regina caeli

Les commentaires sur les pièces grégoriennes de chaque dimanche sont aussi donnés par le site web de l'association Una Voce:

http://www.unavoce.fr 

L'association publie "Una voce" la revue de référence des chefs de choeur, choristes et passionnés de chant grégorien, ainsi que des ivres et CDs.

emissions radio le vendredi à 23h00 et le dimanche à 6h00 et 10h00 sur Radio-Courtoisie, sur 95.6 MH, sur le satellite Canal+ et sur internet : http://www.tv-radio.com

 

 
Proposé par des fidèles de Sainte Honorine de Conflans et Saint Mathias de Pontoise
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